Et si la question n’était pas seulement la langue, mais la place qu’on lui donne ?

« Il ne veut plus parler turc. »
« Dès que je lui propose une activité en anglais, il refuse. »
« Il comprend l’espagnol, mais préfère toujours répondre en français. »

Ces phrases, de nombreuses familles multilingues les connaissent. Si c’est votre cas, rien d’anormal, et rien de honteux.

Mais plutôt que de chercher uniquement comment faire parler davantage l’enfant, on peut aussi se demander : quelle place cette langue occupe-t-elle dans son quotidien ?

Quand une langue devient une tâche

Il arrive qu’une langue familiale soit surtout associée à des demandes.

« Comment dit-on ça en turc ? »
« Répète en anglais. »
« Tu connais ce mot en espagnol ? »

Ces questions peuvent être utiles. Mais lorsqu’elles forment l’essentiel des échanges dans cette langue, celle-ci prend une place très particulière : celle d’une compétence que l’enfant doit démontrer.

Or, dans sa langue dominante, personne ne lui demande sans cesse de prouver qu’il sait parler. Il joue, il plaisante, il négocie, il raconte, il invente.

Pourquoi la deuxième langue ne pourrait-elle pas servir exactement à la même chose ?

Le jeu déplace l’attention

Pendant une partie, le but n’est plus de produire une phrase correcte. C’est de retrouver une paire, de demander une carte, de gagner une manche, de comprendre une règle. La langue devient un moyen de participer à quelque chose.

Dans un jeu des 7 familles, par exemple, l’enfant a une vraie raison de poser sa question :
il veut obtenir la carte.

Ce n’est plus « répète cette phrase pour me montrer que tu la connais », mais « utilise cette phrase parce qu’elle te permet de jouer ». 

Le plaisir ne remplace pas la régularité

Associer une langue à de bons moments ne suffit pas à l’acquérir. L’enfant a toujours besoin d’une exposition riche, de conversations, d’occasions de comprendre et de s’exprimer.

Et les jeux aident à créer ces occasions. Ils permettent au parent de quitter le rôle de professeur pendant quelques minutes pour redevenir un simple partenaire de jeu.

Une langue, c’est aussi une relation

On parle beaucoup du nombre d’heures d’exposition nécessaires pour devenir bilingue. Mais derrière ces heures, il y a des personnes : une grand-mère qui raconte une histoire, un père qui invente une règle absurde, une mère qui rit parce qu’elle vient encore de perdre au memory.

Peut-être que l’enjeu n’est pas seulement de donner à nos enfants l’envie de parler une langue. C’est aussi de leur offrir des choses qu’ils auront envie de vivre dans cette langue.

Soutenir le bilinguisme de votre enfant au quotidien

Si vous cherchez des outils concrets pour nourrir les langues de votre enfant à la maison, nous avons créé plusieurs ressources pensées pour les familles bilingues :

  • MEMORA : notre jeu de cartes mémoire bilingue, disponible en français-anglais, français-turc et français-espagnol. Un outil ludique pour apprendre et réviser le vocabulaire dans les deux langues, dès 3 ans.
  • Le jeu des 7 familles bilingue : le classique revisité en français-anglais, français-turc et français-espagnol pour jouer en famille tout en renforçant naturellement le vocabulaire.
  • Le guide sur le bilinguisme en famille : un guide pratique pour comprendre comment fonctionne le bilinguisme chez l'enfant et comment l'accompagner au mieux au quotidien.
  • Nos mots croisés bilingues ! Deux langues dans chaque grille, 35 grilles, plus de 700 mots et une difficulté qui augmente progressivement au fil des pages ( +16 ans)

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